Les mines de la vallée de Biros

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« Dieu, quand il est venu ici, il faisait nuit, alors, il a taillé le pays à coup de hache. Mais en repartant, il fut pris de remords et jeta par-dessus son épaule une poignée de Minerai » ainsi s’exprime le berger biroussan ! 


Il venait de planter là, le décor de son pays :
Une montagne aux vallées raides et profondes, secouée dans les époques géologiques, qui se redresse en crêtes déchiquetées jusqu’à 2880 mètres d’altitude. L’homme vit là depuis longtemps et des générations d’éleveurs et de paysans se sont succédées en colonisant de plus en plus sur la forêt pour survivre dans ces pentes. La découverte d’un filon de plomb argentifère dès 1830, entre les calcaires ordoviciens et des schistes supérieurs, apporte une richesse inespérée à ce pays de montagne.

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Pendant plus d’un siècle (1850-1950) le Biros est un pays minier, on y extrait du zinc et du plomb argentifère sur les sites de Bulard et du Bentaillou. Deux autres concessions espagnoles sont aussi exploitées par les Français : celle du Fourcail qui ramène le minerai par le Port d’Orle et celle de Montoulieu qui descend le « tout venant » par l’infranchissable Port d’Urets. Le minerai est concassé et trié selon les époques au cirque de la Plagne, à Orle et au Bocard d’Eylie.

Le Baron de Boisrouvray et le banquier Espeletta constituent en 1848 la première compagnie des Mines…Bien d’autres suivront.

Le paysan, laissant sa femme à l’agriculture, devient mineur.
Partout, on bati des baraques dont les plus spectaculaires sont sans doute celles du piton rocheux de Bulard qui plus tard lui vaudra le nom de Macchu Picchu, faisant d’elle la mine la plus haute d’Europe. On taille des chemins dans des falaises impressionantes comme à Bulard ou au port d’Urets. On trace sur 10 kilomètres de descente la piste du Bentaillou pour les charrettes à bœufs ou des goulottes pour acheminer le minerai jusqu’au fond de la vallée. On perce des tunnels pour installer les porteurs Decauville parfois démontables afin de passer les hivers sans trop de dégâts. Plus tard on hissera pylônes et câbles pour des descentes plus sûres et plus rapides. Tous ces travaux se font en altitude avec le vide, le froid, la neige, le vent, la pluie et certains ne serviront à rien !

La main de l’homme laisse dans le paysage une empreinte de souffrance mais surtout de richesse et de grandeur…

Les premières galeries sont attaquées au pic de mineur et à la dynamite. En 1910, le marteau pneumatique fait son apparition mais ne soulage guère le travail du mineur sur le Front de Taille. Les mineurs se sont familiarisés avec les galeries en les appelant : Ste Amèlie, Ste Eugénie, Ste Geneviève, Ste Victorine, Ste Cécile, Anita, Pépita ou encore Jesussita, Maison neuve ou quartier de Ita. Ils y ont vu aussi un côté maudit comme « La mangeuse d’Homme » à la Mail de Bulard. Mais la galerie n’a pas toujours été saine, outre l’explosif et la poussière du minerai, c’est à la « colique du plomb » et la silicose que le mineur a du faire face. Certains y ont péri par la maladie, l’explosion, l’accident et même la chute dans le vide. Quelques enfants ont travaillé sur le site du Bentaillou et deux à la mine de Bulard. Trente à quarante femmes ont trié le minerai au fond de la vallée du Bocard d’Eylie. En 1907, dans le plein essor, la mine du Bentaillou emploie plus de 500 mineurs. Il faut deux écoles pour contenir les 200 élèves de la commune de Sentein.

Au début du siècle, les mineurs travaillent 12 heures par jour et les conditions sont déplorables (froid et nourriture infecte). Une suite de grève s’installe…les salaires arrivent enfin et on ne travaille plus que 10 heures par jour. En 1926, le cours du zinc s’effondre, s’instaure alors une gigantesque grève et la mine ferme. Beaucoup d’ouvriers iront travailler au chantier du barrage d’Araing jusqu’en 1942. L’Union Minière des Pyrénées réouvre la mine pour 14 années jusqu’à sa fermeture définitive…

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Que reste-t-il aujourd’hui des mines abandonnées ?
Le promeneur et le randonneur seront sans doute surpris du spectacle de désolation….Mais qu’ils s’arrêtent quelques instants en ces lieux, qu’ils ouvrent leur cœur pour y comprendre que ces empreintes et ces cicatrices anciennes ne sont que des pages d’histoires tombées dans l’oubli…

-- Nelly et Claude Taranne
Ils ont écrit avec l’office de tourisme de Sentein plusieurs topos guides de randonnées dont « Tour du Biros – Patrimoine Minier » et « Randonnées en Biros-Bethmale » qui invitent le marcheur à visiter ces lieux avec un œil nouveau…

Un grand merci aux photographes

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