Colporteurs du Couserans : quelques témoignages recueillis en 1985...

Mme Andreu d’Oust

« Mon père était colporteur ainsi que tous ses frères. Ils allaient jusqu’en Dordogne où ils aidaient les paysans fabriquants d’huile de noix. Parfois, ils ramenaient cette chose étrange à la maison. Beaucoup de colporteurs de Couflens partaient à Bordeaux. Certains y ont acheté des vignobles dont les héritiers profitent encore. Mais la plupart revenaient en Couserans pour aider à l’élevage et à la culture dans les fermes…… »

Mme Clotilde Andreu de Soueix

« Elisabeth Laffitte, née Soulé et sa soeur Anna Andreu partaient en Algérie. Elles ont commencé vers l’âge de 20 ans, juste après la guerre de 14/18 et se déplaçaient à pied. Laissant leurs enfants à la maison, elles ne voyageaient jamais ensemble. Elles vendaient des médailles et des chapelets qu’elles achetaient chez Dougnac à Soueix. Souvent, elles promettaient aux gens qu’elles passeraient à Lourdes, afin d’y faire dire des messes. L’accueil chez les clients dépendait des maisons fréquentées, quelquefois, on leur proposait à manger, s’il y avait de la viande, elles la refusaient, n’étant pas habituées. A leur retour d’Algérie, elles ramenaient des dattes et en offraient aux enfants de Miramont, leur village. Elles exercèrent ce travail durant 7 ans. »

Mlle Bardou de Couflens

« La caisse des colporteurs était constituée de compartiments, doublés de tissu, où le rangement était effectué avec beaucoup de finesse : il fallait mettre le plus de choses possibles… Les clients à la campagne, ne se déplaçant que rarement vers la ville, à cause du manque de moyens de locomotion, attendaient les colporteurs. Ceux-ci logeaient très souvent chez les clients et en remerciement, offraient un bijou aux enfants. Mais il y avait bien peu de bénéfices…Les Colporteurs de Salau et Couflens louaient même à ceux qui le désiraient, avec l’aval du Curé, la statuette de Notre Dame de Salau en échange d’une aumône. »

Mr Marcel Bielle de Couflens

« C’est une histoire de famille, mon père et mon grand père partaient en Algérie, l’hiver, afin d’exercer leur activité. Ils vendaient des bijoux en or. Ayant acquis une clientèle fidèle, ils échangeaient les bijous vendus les années précédentes (la mitraille) contre d’autres bijoux et quelques pièces. Ces échanges se faisaient avec une balance, afin d’évaluer le prix selon le poids d’or. Bien sûr les bijoux récupérés dans une maison étaient revendus dans une autre. Au début ils partaient à pied, mais peu à peu les déplacements se firent en autocar. Leur clientèle en Algérie était principalement européenne… »

Mr Pierre Denis-Farge de St Girons

Patron d’une des principales maisons fournissant les articles de colportage
« Pas ou peu de colporteurs par contre dans la basse vallée du Salat, la vallée du Lez ou du Baup, ces régions étant nettement plus riches. Leur nombre a pu atteindre plus de1000, certains couples voyageaient ensemble, d’autres séparément. Ils visitaient les régions les plus déshéritées comme le Massif central et principalement les campagnes les plus éloignées des villes.

Chaque facture de marchandises prises par un colporteur se montait en moyenne à 200F et cette somme devait permettre à un couple de vivre à l’extérieur pendant plusieurs mois.

Les factures étaient payées lors du retour du client, sans intérêt. Les marges pratiquées à la vente par les colporteurs étaient importantes : à titre d’exemple, une paire de lunettes achetée 10 centimes, soit 2 sous, pouvait être vendue jusqu’à 5 francs soit 100 sous. Un autre exemple : une bague achetée 5 centimes soit 1 sou, offerte à la fille des clients pouvait valoir le gîte et le couvert. »

Mme Ghislandi d’Anilac Oust

« C’est ma mère, Elisabeth Sentenac, qui était colportrice. Elle faisait le tour de France en vendant des bijoux : vallée du Rhône, Nord, Vendée, puis Bordeaux et les départements proches. Elle faisait les sorties d’usine pour vendre des bagues de fiançailles aux jeunes ouvriers. Ell ne se plaignait ni d’attaques, ni de vols, au contraire tout se passait pour elle dans la joie et le respect. Son oncle Pierre Sentenac, allait en Algérie montrer son mouton à 5 pattes, tandis que son père était montreur d’armes et avait beaucoup de succès…… »

Un grand merci aux photographes

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